À la défense d’un diffuseur public (version light)

Le gouvernement Harper continue de charcuter Radio-Canada en annonçant un autre 100 millions en compressions au financement de la société d’état. Avec les 135 millions retirés à la SRC plus tôt cette année, Radio-Canada devra réduire sa main-d’œuvre d’environ 25% d’ici 2020. Toutefois, ce qui est le plus frappant dans cette saga des coupures, et Marc Cassivi de La Presse le souligne dans sa chronique du 22 avril dernier, ce ne sont pas les coupures elles-mêmes mais notre indifférence collective devant ce saccage de notre diffuseur public.

J’ai étudié en journalisme à Concordia avec plusieurs individus qui font maintenant fierté à la profession. Plusieurs anciens ou actuels journalistes de CBC/Radio-Canada m’ont enseigné. J’ai quelques amis et anciens collègues qui travaillent à Radio-Canada. Et même en l’absence de tout cela, je défendrais quand même avec toute mon énergie non seulement l’existence, mais la vitalité de notre diffuseur public. Je ne suis pas en train de suggérer que les médias privés n’ont pas leur place en information, mais je suis absolument convaincu qu’un service de diffusion public et indépendant est primordial pour la santé d’une démocratie comme la nôtre.

Les médias privés ont une limite importante : leur mandat. Il serait impensable pour un diffuseur privé comme TVA ou V d’assumer les coûts de certains piliers d’un diffuseur public. Cassivi donne l’exemple évident: le réseau de correspondants à l’étranger de Radio-Canada représente un non-sens pour TVA. Toutefois, la population québécoise ne saurait se priver d’un tel service sans que notre sa culture générale et sa santé démocratique en souffrent un peu. De plus, si un tel service nous importe (la question n’est manifestement pas réglée), encore faudrait-il le laisser savoir au gouvernement Harper.

Ce même gouvernement, obsédé par le secret et impitoyablement efficace pour mettre des bâtons dans les roues aux journalistes, considère vraisemblablement Radio-Canada comme un empêcheur de danser en rond. Que fait en général ce gouvernement lorsqu’il sent qu’un organisme qu’il finance critique un peu trop vigoureusement ses agissements? Il leur coupe les vivres. Pourquoi agirait-il différemment avec Radio-Canada ? Il faut se rendre coupable d’un sacré aveuglement volontaire pour prétendre que deux et deux ne font pas quatre.

On ne peut complètement ignorer l’impact de la soumission d’un diffuseur public aux lois du marché. Quelque chose me dit que Harper le sait. Il existe bien sûr des commanditaires qui n’exigent pas de relation quid pro quo au-delà de l’échange de services, et même plusieurs. Cependant, comment oublier les histoires de convergence comme celle des trois importants journaux anglophones néo-bruswickois appartenant tous à la chaîne pétrolière Irving, journaux dont, en 2003, les éditoriaux attaquaient tous avec une rare virulence les grévistes du Syndicat canadien des employés publics, sans véritable égard pour leurs revendications? Nul besoin non plus de fouiller trop loin dans sa mémoire pour se remémorer des chroniqueurs de Quebecor qui défendaient la conduite pour-le-moins-ordinaire de l’entreprise pendant le lock-out au Journal de Montréal. Plus Radio-Canada doit agir en chaîne privée et satisfaire des commanditaires, plus elle court le risque de se trouver prisonnière de ce genre de dynamique.

Et que dire du contenu de l’information en général? Radio-Canada a un mandat qu’aucune chaîne privée ne se donnerait et ce mandat l’a historiquement poussée à produire une information d’un niveau de qualité, de profondeur et de diversité plus élevé que celui de ses sœurs privées. Souvent, la dimension éducative de Radio-Canada mène le réseau à présenter du contenu que le privé refuserait, sous prétexte que cela n’intéresserait pas « son public ». La diversité d’options pour le spectateur existe de moins en moins, car Radio-Canada se dénature un peu plus à chaque nouvelle série de coupures. Un diffuseur public, pour être digne de ce nom, ne saurait être « bâtardisé ». Le fait d’ordonner au diffuseur public de se comporter comme un diffuseur privé est voué à l’échec : Radio-Canada ne subtilisera pas le public de TVA en essayant de battre ce dernier à son propre jeu. Par contre, il est certain que les fidèles de Radio-Canada qui apprécient ce que la SRC fait différemment des chaînes privées seront aliénés par cette mutation.

Tant que Radio-Canada fera la course aux cotes d’écoute, elle est condamnée à ressembler de moins en moins à une entité qui vaut d’être sauvée. Pas réaliste, la proposition que Radio-Canada fasse abstraction des cotes d’écoute? Di Radio-Canada pouvait compter sur un budget stable et sur une liberté de produire du contenu conforme à son mandat, pourquoi pas ? J’en profite d’ailleurs pour lancer le message suivant : le parti fédéral qui s’engagera à restaurer le financement de Radio-Canada aura mon vote.

Comment le gouvernement Harper s’en tire-t-il avec tout cela? En misant sur le fait que, de toute façon, plusieurs diront que c’est un réseau qui produit du contenu ennuyant avec l’argent de nos taxes. Que, de toute façon, ceux qui s’insurgeront contre les coupures ne sont pas du genre à « voter conservateur ». Pour les autres, ils se laisseront séduire à nouveau par la cassette “santé économique” que les Conservateurs repasseront lors des élections de 2015.

Bien que j’aie choisi de me réorienter dans mon choix de carrière, le journalisme demeure une profession qui me tient très à cœur et que je respecte infiniment. À mon sens, c’est à l’antenne des diffuseurs publics, indépendants et bien financés qu’il se pratique à son plus haut niveau d’excellence. L’exemple évident reste la BBC, qui demeure, à mon sens et malgré ses défauts, le standard mondial d’excellence en matière de journalisme. C’est dans un tel contexte de pérennité qu’il reste aussi libre que possible des pressions du marché et de la tentation de niveler par le bas.

Cela dit, malgré l’occasionnel sentiment d’impuissance, je crois au potentiel de Radio-Canada et je crois à l’importance de le défendre. Je sais que mes anciens collègues à l’école de journalisme qui sont maintenant à l’emploi de Radio-Canada (et même ceux qui ne le sont pas) y croient également. Ne reste plus qu’à espérer que nous ne sommes pas seuls.

 

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À la défense d’un diffuseur public

Voilà que le gouvernement fédéral me donne l’occasion de plonger dans  le débat sur les coupures à Radio-Canada en annonçant un autre 100 millions en compressions au financement de la société d’état. Ces coupures s’ajoutent aux 135 millions de coupuresAu final, avec les quelques 1500 emplois qui seront supprimés d’ici 2020, CBC/Radio-Canada aura réduit sa main-d’oeuvre d’environ 25%. Mon premier réflexe, lorsque j’ai entendu que le gouvernement Harper coupait les premiers 600-quelque emplois de la CBC/Radio-Canada, a été de vouloir tout casser. Je déteste ce gouvernement. Déteste, déteste, déteste, déteste, déteste ce gouvernement. L’haïs (comme on dit en bon français) pour en faire des remèdes. Sauf qu’en me donnant un 24 heures pour y penser, je me suis rendu compte d’autre chose, et Marc Cassivi l’a exprimé dans une chronique subséquente: ce qui est le plus frappant dans cette saga des coupures, ce ne sont pas les coupures elles-mêmes mais notre indifférence collective devant ce saccage de notre diffuseur public.

J’ai étudié en journalisme à Concordia avec de nombreux brillants individus qui font maintenant fierté à la profession. Plusieurs anciens ou actuels journalistes de Radio-Canada (CBC, pour être plus précis) m’ont enseigné. J’ai quelques amis et anciens collègues qui travaillent à Radio-Canada. Et même en l’absence de tout cela, je défendrais quand même avec toute mon énergie non seulement l’existence, mais la vitalité de notre diffuseur public. Mon ami Thomas Daigle, qui a couvert le PQ avec professionnalisme pendant la dernière campagne électorale pour la CBC, affichait l’image suivante il y a quelques jours:

CBC Love

C’est dire le climat de peur et d’impuissance qui règne maintenant là-bas, et pour cause. Comme dans la plupart des domaines, en information, certaines nécessités sont mieux assumées par l’état ou par ses mandataires et certaines autres sont mieux assumées par le privé. Je ne suis pas en train de suggérer que les médias privés n’ont pas leur place en information, mais je suis absolument convaincu qu’un service de diffusion public et indépendant est primordial pour la santé d’une démocratie comme la nôtre. Les médias privés peuvent nous fournir de l’excellent contenu, tant en matière d’information que de divertissement. Sauf qu’ils ont une limite, importante d’alleurs, qui est celle de leur mandat.

Leur but, comme tout bon commerce, est de faire du profit. Évidemment, cela n’est pas intrinsèquement problématique, mais il serait impensable pour un diffuseur privé comme TVA ou comme V Télé d’assumer les coûts de certains piliers d’un diffuseur public comme Radio-Canada. L’exemple le plus évident est celui de Cassivi: le réseau de correspondants à l’étranger de Radio-Canada, même s’il n’est plus ce qu’il a déjà été, représente à sa taille actuelle une dépense qui pousserait les conseillers financiers d’une chaîne privée à se balancer du haut d’un 20ème étage.

Ce réseau de correspondants qu’a Rad-Can, je le considère comme un service d’une importance capitale, non seulement pour mon information et ma culture générale, mais pour ma santé intellectuelle. Cependant, je conçois aisément que je puisse faire partie de la minorité sur ce point. Je vais sonner snob et je m’en tape: si un tel service nous importe (et en voyant la non-réaction de la populace québécoise, je ne peux que conclure que nous lui trouvons, au mieux, une importance relative), encore faudrait-il le laisser savoir de façon un peu moins équivoque aux coquins qui ont pris cette décision. Moment de nostalgie: une partie de la population du Québec (ou devrais-je dire de Montréal) est descendue dans la rue, il y a quelques années (2007, je crois), pour soutenir la communauté artistique québécoise dans sa bataille contre les coupures en culture prévues par le gouvernement Harper. C’était la dernière fois que le Québec a montré, au-delà des volées électorales que mangent les Conservateurs par chez nous, son mécontentement aux Tories. Je serais partant pour envoyer un nouveau message du genre à nos Conservateurs chéris, que le reste du pays semble malheureusement trouver “pas si pires”.

Ce même gouvernement, obsédé par le secret et impitoyablement efficace lorsque vient le temps de limiter l’accès des journalistes à l’information, ne tient déjà pas la SRC en odeur de sainteté; il n’hésite pas à prendre l’inaction des Canadiens comme une acceptation tacite de sa saignée du diffuseur, qu’il considère vraisemblablement comme un empêcheur de danser en rond. Que fait en général ce gouvernement lorsqu’il a l’impression qu’un organisme qu’il finance (en tout ou en partie) critique un peu trop vigoureusement ses agissements? Il leur coupe les vivres. Il faudrait être fichtrement naïf pour s’imaginer que cet état d’esprit n’animait pas ne serait-ce qu’un peu le gouvernement Harper lorsqu’est venu le temps de prendre la décision de sabrer dans le financement de Rad-Can.

De plus, on ne peut complètement ignorer l’impact de la soumission d’un diffuseur public aux lois du marché, non-sens total s’il en est un. Il existe bien sûr des commanditaires qui n’exigent pas de relation quid pro quo au-delà de l’échange de services, et même plusieurs. Cependant, on n’ a pas à remonter trop loin dans le temps pour se remémorer les histoires de convergence comme celle des trois importants journaux anglophones néo-bruswickois appartenant tous à la chaîne pétrolière Irving, journaux qui, dans leurs positions éditoriales, attaquaient tous trois avec une rare virulence les grévistes du Syndicat canadien des employés publics, sans véritable égard aux revendications de ces derniers (cela s’est passé en 2003). Nul besoin non plus de fouiller trop loin dans sa mémoire pour se souvenir des chroniqueurs briseurs de grève sbires de Québécor qui défendaient la conduite pour-le-moins-ordinaire de l’entreprise pendant le lock-out au Journal de Montréal. Il est difficile de ne pas redouter la complaisance par laquelle peut être tenté, ou à laquelle peut être “incité”, un réseau d’information lorsqu’une tranche importante de son financement se retrouve potentiellement en jeu ou que des journalistes déterrent une histoire qui ne ferait pas l’affaire des commanditaires ou des propriétaires. Il va sans dire qu’il ne faut pas surestimer la fréquence à laquelle ce genre d’événement se produit, mais on ne peut se voiler le visage et se faire croire que de telles choses n’arrivent jamais, non plus. Et ça, quelque chose me dit que le gouvernement Harper le sait.

Et que dire du contenu de l’information en général? Radio-Canada a un mandat qu’aucune chaîne privée ne se donnerait et ce mandat l’a historiquement poussée à produire une information d’un niveau de qualité, de profondeur et de diversité plus élevé que celui de ses soeurs privées. Puisque la visée d’une chaîne privée est de faire du profit, l’information qui est diffusée sur ses ondes aura immanquablement une dimension “info-tainment”. Je ne dis pas que les nouvelles de TVA sombrent complètement là-dedans ou que les bulletins de Radio-Canada doivent être plus arides qu’un désert. Je dis seulement que le volet info-tainment de l’information d’une chaîne privée est inévitable. Cela se reflète moins dans le contenant (quoique c’est parfois encore drôle…) que dans le contenu. Souvent, la dimension éducative de Radio-Canada mène le réseau à présenter du contenu que le privé refuserait, sous prétexte que cela n’intéresserait pas “son public”. Les différences de préférences sont aussi acceptables qu’inévitables, mais encore faudrait-il que plusieurs options soient disponibles.

Cette diversité d’options pour le spectateur existe de moins en moins, car Radio-Canada se dénature un peu plus à chaque nouvelle série de coupures. Voyez-vous, un diffuseur public, pour être digne de ce nom, ne saurait être bâtardisé. Je m’explique. On ne peut demander à un diffuseur public d’assumer cette identité à moitié. On ne peut imposer à un diffuseur public le critère de rentabilité du diffuseur privé sans porter une atteinte significative à sa capacité à remplir son mandat tel que conçu. En plus, l’idée d’ordonner au diffuseur public de se comporter plus en plus comme un diffuseur privé est inexorablement vouée à l’échec; Radio-Canada ne peut pas faire le travail d’une chaîne privée mieux qu’une chaîne privée. Loin de simplement commander à Radio-Canada de diminuer un peu ses dépenses, notre cher gouvernement place notre diffuseur en position d’échec programmé en lui ordonnant de se plier aux lois d’un marché qu’il n’est pas conçu pour affronter. Résultat: au cours du dernier quart de siècle, nous avons observé avec indifférence nos gouvernements contraindre Radio-Canada à se déformer à tel point que nous devrons bientôt regarder des vidéos d’archives pour reconnaître ce que nous voudrions qu’elle demeure.

Ce débat sur la SRC ne date d’hier. Je me souviens de Pierre Foglia qui disait à Radio-Canada qu’il était prêt à payer un peu plus d’impôts “pour que vous vous contrecrissiez des cotes d’écoute”. C’était en 2003 dans sa chronique/lettre au président de l’époque de Radio-Canada, Robert Rabinovitch. Bien sûr, je suis d’accord avec lui et je pense que tant que Rad-Can s’investira dans la course aux cotes d’écoute, elle est condamnée à échouer et, surtout, à ressembler de moins en moins à une entité qui vaut d’être sauvée. Pas réaliste, la proposition que Radio-Canada fasse abstraction des cotes d’écoute? Tout dépend. Dans la conjoncture actuelle, non, puisqu’on lui demande d’assumer certaines visées des chaînes privées. Toutefois, dans la mesure où Radio-Canada pourrait compter sur un budget stable et sur une liberté de produire du contenu conforme à son mandat, l’organisme a déjà produit, avant que les Libéraux de Jean Chrétien et maintenant les Conservateurs ne charcutent son financement, du contenu digne de ce qui se fait de mieux en journalisme et on voit mal pourquoi le diffuseur public ne pourrait pas aspirer à livrer du contenu d’aussi grande qualité et d’équivalente diversité si son financement était ramené à un niveau acceptable.

J’en profite d’ailleurs pour souligner aux députés de l’opposition que leurs déchirements de chemise et leurs pétitions en guise de simulacre d’action concrète dans ce dossier ne fourvoient personne. Je l’ai dit et je le répète: le parti qui s’engagera à restaurer le financement de Radio-Canada aura mon vote. Avant un engagement concret de votre part en ce sens,  Néo-Démocrates et Libéraux, ayez de grâce l’obligeance de ne pas trop jouer les vertueux. Les actions, et les inactions d’ailleurs, parlent plus fort que les mots.

L’inquiétude que je détecte chez mes anciens collègues de “J-School” (le nom qu’on donne au programme de journalisme, vous l’aurez compris), je la ressens moi aussi. Bien que j’aie choisi de me réorienter dans mon choix de carrière, le journalisme demeure une profession qui me tient très à coeur et que je respecte plus que les mots ne peuvent l’exprimer. Et je n’ai pas peur de dire que je crois que c’est à l’antenne des diffuseurs publics, indépendants et bien financés qu’il se pratique à son plus haut niveau d’excellence. L’exemple évident reste la BBC, qui n’est pas sans défaut mais qui demeure à mon sens le standard mondial d’excellence dans pratiquement tous les domaines de journalisme. C’est dans un tel contexte de pérennité que le journalisme reste aussi pur et noble que possible, aussi libre que possible des pressions de la loi du marché et de la tentation de niveler par le bas.

Cependant, tout compte fait, une question importante perdure: comment le gouvernement Harper rend-il acceptable le fait de charcuter ainsi un bien collectif aussi important pour la démocratie canadienne? En misant sur le fait que plusieurs diront qu’au fond, ça ne change pas grand-chose. Que, de toute façon, plusieurs diront que c’est un réseau qui produit du contenu ennuyant avec l’argent de nos taxes. Que, de toute façon, ceux qui s’insurgeront contre les coupures ne sont pas du genre à voter pour lui (il a probablement raison). Pour les autres, ils se laisseront séduire à nouveau par la cassette “santé économique” que les Conservateurs repasseront lors des élections de 2015.

Et petit à petit, dans l’indifférence collective, le gouvernement Harper gagnera sa mise. Il s’en trouve soi dit en passant pour dire qu’en ce qui concerne Radio-Canada, c’est déjà fait. Un ami de mon père, qui travaille à la CBC depuis longtemps, dit que malheureusement, “il ne reste rien à sauver.” Il est vrai qu’il y a un moment que Rad-Can est administrée par des gérants de décroissance, sorte de pions qui couperont là où on leur dira de le faire et qui procéderont à la réallocation des miettes qui subsistent en suivant la bonne logique marchande. Cette réalité n’est pas sans conséquence.

Cela dit, je m’inscris en faux contre cette idée qu’il ne reste rien qui vaille la peine d’être sauvé. Il reste le potentiel. Potentiel que ne pourront jamais avoir ni les TVA et les V Télé de ce monde ni la multitude de chaînes spécialisées qui ne cessent de se multiplier.  Radio-Canada pourrait être tout ce que j’ai décrit plus haut en parlant de la BBC et éviter tous les pièges que j’ai décrits également. Le résultat serait un diffuseur indéclassable en matière de qualité et de pertinence de contenu, qui serait un phare pour notre santé démocratique.

Je pense que, si fort soit notre sentiment d’impuissance, il convient de faire l’effort dont chacun de nous est capable pour défendre ce potentiel. J’y crois, plusieurs de mes proches aussi. Je sais que mes anciens collègues de J-School maintenant à l’emploi de Radio-Canada (et même ceux qui ne le sont pas) y croient également. Ne reste plus qu’à espérer que nous ne sommes pas seuls.

 

The refereeing

Warning: the following post is a rant. 

There has to be a point where the collective ineptitude of match officials in clutch moments will force FIFA into action. Today’s World Cup fixtures show once again that the game sometimes goes too fast for certain referees. This is a fact. This is beyond debate. The only question that remains is whether FIFA, an organization that sometimes makes Major League Baseball seem as though they are at the avant-garde of rulemaking innovation, is willing to do anything about it.

Goal line technology is here; it should have been since about 1993. It was about time, and it isn’t enough. FIFA needs to adopt the coach’s challenge. Now. There is no excuse not do it.

06/24/2014, exhibit A: Italy vs Uruguay. OK, the Marchisio red card is a strict application of the studs-up rule, but I suppose, since it is the rule, it could be defended. However, there is no excuse for Luis Suarez being allowed to stay in the game after going Mike Tyson on Italian defender Giorgio Chiellini. If the referee didn’t see it, there should be a way for him to rectify his mistake. Not to give the referee the chance to set things right is the only thing more unacceptable than the mistake itself.

06/24/2014, exhibit B: Greece’s penalty against Côte d’Ivoire. Kudos to the Greeks for the victory and their attempts to be positive. They played well enough to go through, in today’s game at least, and we can’t deny that. That said, there is no justification for not overturning a penalty awarded because the Greek striker Samaras basically kicks the Ivorian player Sio then drops to the floor. Especially considering this happened in the game’s closing moments.

Meanwhile, the NFL has had the coach’s challenge for years. The CFL has it as well, and added to it this year by introducing the right to challenge pass interference calls, so important to the outcome of football games. This is potentially ground-breaking progress. And no, allowing coaches to challenge referees’ calls hasn’t “slowed down” games or made them unwatchable. The limits on the amount of challenges that coaches get to call allow the NFL and the CFL to sidestep these pitfalls.

What should these challenge possibilities include? Everything. I don’t care if you challenge called or uncalled penalties, offsides, handballs, foul throws, the goalie stepping out of the box with the ball in his hands, you name it. All of it should be fair game. And if coaches want to burn challenges on silly stuff, then let them sulk when they lose on a goal by an offside striker that went unchallenged because they wasted their challenges on other calls. In fact, I myself quite like the idea of placing extra emphasis on the importance of coaching by adding the dimension of challenge management.

There is no argument, not a valid one anyway, to justify the status quo in soccer with regards to officials’ review. We’ve been spoiled with a wonderful World Cup, with goals coming in spades (unlike in the borderline-unwatchable South-African tournament of 2010), at the best of times from great play and at worst from sometimes-dodgy defence. The only blight on it has been officiating of such atrocity that it has affected the outcome of games. This is not to take away from the performances of teams that often deserved victory. Uruguay were the more enterprising team today against Italy, the same can be said of the Greeks in their game against the Ivorians, and of Brazil against Croatia in the opener.

This fact notwithstanding, the bogus idea that there is something noble, let alone worth preserving, about human error dictating the outcome of games would be the most incomprehensible of the soccer universe were it not overshadowed by the puzzling fact that many intelligent people in the soccer world vouch for it. That the likes of Michel Platini and Lilian Thuram fought against the arrival of goal-line technology and still would resist the implementation of the coach’s challenge is so inexplicable that it defies my capacity to understand it. That being said, while these obviously smart people should know better, soccer cannot afford to wait for them to wake up and smell the roses. Its integrity off the pitch has validly been brought into question countless times before. Its integrity on the pitch could be spared the same treatment, with a little bit of will.

Your move, FIFA.

 

Jour 8 de la Coupe du Monde (et en français, en plus)

Décidément, cette Coupe du Monde ne finit pas de nous surprendre. Je sais que je commence à lasser mes proches à râler contre le tournoi franchement emmerdant de 2010, mais je ne peux que me réjouir en voyant la qualité et “l’entertainement value” de cette édition 2014. Le jour 8 en aura été un où la tendance s’est maintenue. Repassons donc les événements de la journée. 

Le choc du début de journée

Pour une deuxième rencontre consécutive, le Costa Rica s’est imposé contre un adversaire singulièrement décevant. Cette fois, ce sont les Italiens qui ont été plutôt mauvais sauf que, contrairement à l’Uruguay, dont c’est la défense qui a été franchement putride, aujourd’hui, c’est l’attaque italienne qui manquait à l’appel. Je ne tente pas du tout de diminuer l’importance de la réussite des Sud-Américains, qui continuent de faire mal paraître les pronostiqueurs qui les voyaient éliminés avant la fin de la phase de poules.

Toutefois, il reste que c’est avant tout la médiocrité italienne qu’on retient ici, et tout particulièrement le manque flagrant de créativité offensive des azzurri. Ils ont passé la journée à confier le ballon à Andrea Pirlo et à exiger de lui qu’il lobe le ballon à Balotelli par-dessus la défensive costaricaine. Pirlo est un joueur fabuleux, un de ces rares athlètes professionnels qui s’améliorent avec l’âge. Cependant, c’est un joueur qui est surtout menaçant lorsque vient le temps de servir une passe savante ou un coup franc meurtrier. Il y a plusieurs années qu’il n’est pas si dangereux lorsqu’il court avec le ballon. Si les Italiens avaient un genre de Mesut Özil ou de Wesley Sneijder pour compléter le travail de Pirlo et présenter une menace de marquer de l’extérieur de la surface de réparation, ils serait inarrêtables. Malheureusement, pour eux, ce n’est pas le cas et leur attaque était totalement uni-dimensionnelle aujourd’hui. 

Résultat: la trappe à hors-jeu sud-américaine, qui n’avait à se soucier de rien d’autre que de la longue balle, a donné lieu à un match somme toute assez ennuyeux caractérisé par une quantité inconcevable de hors-jeu et par des arrêts de jeu excessivement fréquents. 

De plus, on a encore eu droit à autre un échantillon d’arbitrage de qualité douteuse alors que Chiellini sort très clairement la hanche dans la surface de réparation afin de freiner un Campbell menaçant, sous l’oeil de l’arbitre qui choisit de laisser jouer. Après s’être remis de leur incrédulité quant à la décision de l’officiel, les Costaricains se sont eux-mêmes fait justice en allant chercher un but sur un superbe centre qui tombe parfaitement sur la tête de Bryan Ruiz, quoique Gigi Buffon, d’ordinaire irréprochable sur le plan technique, est coupable d’une hésitation qui lui enlève toute possibilité de parer le tir. 

Bref, une victoire méritée du Costa Rica, qui se qualifie pour le second tour et dont le dernier match de la phase de poule est contre une Angleterre qu’il éliminait par sa victoire contre les Italiens. Bon, quand tu bats une équipe uruguayienne dont l’âme offensive (Luis Suarez) est absente et dont la défensive est complètement à la rue, et ensuite une équipe italienne qui a peut-être livré sa pire performance sous la gouverne de Cesare Prandelli, on s’entend que, contre une bonne équipe en pleine possession de ses moyens, ça risque de pas mal se corser. Néanmoins, c’est déjà un super exploit de la part de cette équipe dont les supporteurs affichent une joie touchante à la vue de la réussite de leur effectif. 

Une dégelée à la française

Peu de gens ont été assez stupides pour prendre pour du cash la claque de 3-0 infligée à cette équipe du Honduras qui semblait plus intéressée à tabasser les Français qu’à les vaincre sur le tableau indicateur. Par contre, si on savait les Bleus nettement supérieurs aux Suisses d’un point de vue talent, le résultat de 5-2 étonne néanmoins. 

On attendait une équipe suisse qui, fidèle à son habitude, pallierait tant que possible son manque de qualités individuelles par une rigueur dans l’organisation, particulièrement en défensive. Or, le contraire s’est produit. Les Suisses ont commis une quantité effarante de bévues, notamment sur la passe arrière irréfléchie que Benzema se fait un plaisir d’intercepter et de refiler à Blaise Matuidi, qui marque le second de deux buts français en 66 secondes. On peut aussi penser à l’effort lamentable de Senderos, pas de niveau contre un tel adversaire, qui rate complètement le ballon que Benzema plante au fond du filet pour le quatrième but des Bleus. 

Ce fut ce genre de journée pour les rouges, qui avaient déjà concédé l’avance aux Bleus sur une merveilleuse tête de Giroud, lequel a plus tard traversé le terrain sur une contre-attaque pour enfin servir une fabuleuse passe à Valbuena, qui enlève aux Suisses le peu d’espoir qui leur restait après le penalty raté de Benzema. C’est la chose avec Giroud: sa vitesse et ses qualités techniques limitées le rendent souvent décevant contre les meilleurs adversaires mais, contre une équipe moins athétique, sa grandeur, sa puissance et ses talents aériens en font un attaquant franchement détestable à défendre. 

Les partisans français étouffent de plus en plus difficilement leur enthousiasme; le dernier tournoi où la France a gagné ses deux premiers matchs était la Coupe du Monde de 1998. Et on sait tous ce qui s’est passé cette année-là. Toutefois, ils auraient intérêt à se rappeler ce dont ils se réjouissaient avant le début du tournoi: ils sont tombés sur un groupe remarquablement faible. Bon, ils l’ont déjà gagné et on ne s’étonnerait pas de les voir déclasser la Bosnie, l’Iran ou le Nigeria en huitièmes de finale. Mais, une fois les quarts arrivés, ça va moins rigoler. Il sera intéressant de voir si les Bleus pourront tenir le rythme contre une équipe dont les moyens seront nettement supérieurs à ceux des sélections qu’ils auront vues.

Malgré le fait qu’on n’ait pas encore passé le stade où les dominations françaises sont à prendre avec un grain de sel, deux facteurs font en sorte qu’à titre personnel, je les prends nettement plus au sérieux qu’il y a une semaine. Primo, on ne choisit pas ses adversaires. Tout ce qu’on peut exiger d’une équipe nettement plus talentueuse que tous ses opposants est que la disparité de talent se fasse voir dans les résultats. Jusqu’à présent, c’est mission accomplie pour les Français. C’est très, très bon signe. Quand on se rappelle que cette équipe française était arrivée complètement absente après les incidents de Knysna et qu’elle s’était inclinée contre l’Afrique du Sud (!!!) pour finaliser sa descente aux enfers en 2010, on se rend compte que les Bleus, sous la gouverne de Laurent Blanc puis de Didier Deschamps, ont quand même fait un sacré bout de chemin psychologiquement. Les Français sont toujours talentueux. Si, en plus, ils peuvent éviter d’être disfonctionnels…

Après, on peut dire qu’ils n’ont joué contre personne. Or, aucune équipe ne gagne un tournoi comme la Coupe du Monde, dont l’issue repose sur une panoplie de détails, sans une bonne dose de chance. Mettez l’Angleterre, déjà éliminée, dans ce groupe et les Anglais le gagnent assurément, eux aussi. Cependant, ce sont les Français qui, jusqu’à maintenant, ont été chanceux dans leur cheminement. On ne peut le leur reprocher. C’est ça, les grandes compétitions. 

Secundo, je parlais du fait que l’état d’esprit de cet effectif est incomparable à celui de 2010 et même à celui de 2012. Si la campagne de comm “peace and love” de Didier Deschamps sonne faux tant elle est rose bonbon, il n’en demeure pas moins que cette équipe, en plus d’avoir évincé ses éléments perturbateurs, a un autre atout qui rend ses joueurs plus solidaires: celui de l’adversité partagée. Vous me direz que ce n’est pas la première fois que la France se qualifie sur la fesse pour un tournoi international. Vrai. Sauf qu’on sent chez les Bleus 2014 les liens que le fait de revenir d’un déficit de 2-0 contre l’Ukraine pour gagner 3-0 au Stade de France a créés. De dire qu’ils auront besoin de cette solidarité lorsque les adversaires seront meilleurs relève de l’euphémisme, mais la solidarité est là au sein de ce groupe et une équipe française unie est meilleure que bien, bien, bien des sélections et ce, dans n’importe quelle compétition. 

Un mot sur la belle surprise de la journée

Je dois vous avouer que je redoutais le match Équateur-Honduras. Les premiers ne m’avaient pas particulièrement impressionné dans leur défaite de dernière minute contre les Suisses et la performance hondurienne contre les Français était tout bonnement honteuse. 

J’ai donc été agréablement surpris de voir ces deux équipes nous servir un super match, pas renfermé du tout, que les Honduriens se maudiront d’avoir perdu parce qu’ils se diront, même si je déteste cette idée, qu’ils auraient mérité meilleur sort. Ils ont été tellement plus positifs que contre les Français qu’on en venait à se demander si une meilleure équipe n’avait pas piqué à l’effectif du premier match leur uniforme et affronté les Équatoriens à leur place.

La réaction du marqueur hondurien Costly après son puissant tir coin inférieur droit du filet et celle des supporters était un beau moment. Et si le premier but équatorien résulte d’une déviation remarquablement chanceuse, leur but victorieux vient d’une super tête d’Ehner Valencia sur un coup franc. 

Somme toute, mon constat quant à la qualité du spectacle reste le même: on se régale. 

A few thoughts on the World Cup so far

So far, it has been an interesting tournament, in sharp contrast to the South African snoozefest of 2010, where one could legitimately argue that we didn’t see a single high-quality match until the semifinal confrontation between Spain and Germany. While this year has given us dodgy defending and even worse officiating (looking at you, Mr. Japanese-ref-who-did-the-Brazil-Croatia-opener), it’s much more compelling to see a comedy of errors leading to a dramatic finish between Switzerland and Ecuador than to be put to sleep by teams like New Zealand, so determined not to concede that they were willing to park not just the bus but the entire garage in front of their net. (Yes, I’m still bitter about the whole competition. All of it. It was garbage. I wanted Platini and Blatter’s heads on a platter for making it a 32-team monstrosity.)

Meanwhile, in 2014, the competition has featured 13 matches. Only two of them have yielded less than three goals. We had to wait four days for a draw, and even the Nigeria-Iran match should not have been one. The referee disallowed a perfectly good goal for Nigeria by calling a phantom foul on the Nigerian attacker fighting for the ball. Did I mention the shoddy officiating?

We also had two extremely surprising blowouts: First, the Netherlands decided they felt like playing up to their potential and handed defending champion Spain their first loss of the tournament, not to mention their ass. Even the most enthusiastic, biased Dutchman couldn’t have seen the 5-1 beatdown coming. Obviously, everything went right for one team and wrong for the other in this game, the climax of which was this goal that must be seen to be believed:

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Then, there was a squad of unknown, a.k.a. Costa Rica, who came into their faceoff with Uruguay as huge underdogs and preyed on the Urugayans’ atrocious defence to snatch a 3-1 victory, much to the delight of Ghanaians everywhere. Of course, Uruguay was missing arguably its best player in Luis Suarez, but one would have expected the likes of Edinson Cavani and even the past-his-prime Diego Forlan to abuse the Costa Rican defence. Instead, it was the other way around, and Uruguay now finds itself in a vulnerable position, with England and Italy as its two remaining group stage opponents.

All in all, it’s been a fun tournament so far. So here are a few key points that have struck me so far:

1. Cristiano is not enough

As I watched the CBC halftime crew comment on Ronaldo’s discreet first half performance against Germany, it struck me just how much of a one-man team Portugal has become. The sheer unfairness of the expectations placed on Ronaldo, ridiculously gifted and focused though he may be, drive even me, not Ronaldo’s biggest fan, absolutely insane. Sure, the rest of Portugal’s squad is good enough to allow Ronaldo to score goals galore against the likes of Azerbaijan in World Cup qualifiers, but when you’re facing one of the world’s three best teams, the squad Portugal field just isn’t good enough to aspire to victory. In fact, it isn’t even good enough to allow Ronaldo to use his skills in any meaningful way.

Hugo Almeida, an inadequate replacement for Pauleta when he took over the starting striker position back in 2008, was still the best choice at the position for Coach Paulo Bento. This is not a good sign. Almeida is an imposing figure, but he scares no one with his movement or his technical skills. There isn’t a coach alive who would not line up the Great Wall of China in front of Ronaldo and take his chances with Almeida. To make matters worse, Almeida suffered an early injury and Bento had to sub him off in the 28th minute. Meanwhile, Nani remains too sporadic a performer to demand the kind of attention his athletic skills should warrant, and Joao Moutinho continues to underwhelm when it comes to creating from midfield.

Speaking of midfield, the Portuguese trio of Moutinho, Miguel Veloso and Raul Meireles suffered tremendously from Pepe’s stupidity and subsequent expulsion. Ineffectual up to this point, Veloso was subbed off following Pepe’s dismissal, which forced Meireles, the only midfielder with enough quality to recoup balls from the Germans in midfield, to play much deeper, negating his effectiveness. This added to the fact that the Portuguese defence, decent at best even with Pepe and Fabio Coentrao, figures to be missing the two of them against the USA. In goal, Rui Patricio looks shaky at best, with a tendency to give juicy rebounds with a crowd around his net. The level of play on the field today was too high for him.

This Portugal team is one of those that isn’t as good as the sum of its parts. I understand that the talent on the roster suggests the probability of better results, but I’m so used to this from Portugal that anything other than serious underachievement on their part would amaze me. Obviously, Germany was their toughest matchup of the group stage; neither Ghana nor the United States is stopping the Germans’ attack unless they’re allowed to use two-by-fours. But Portugal better get it together quickly as they face an American team that, while it does not sport a single world-class player, has the wind in its sails and whose hopes of reaching the knockout stage just got much more realistic after beating Ghana.

2. France had better not get too fond of itself

Am I the only one who wasn’t that impressed with France’s 3-0 victory against Honduras? And I’m not even talking about the quality of the opposition. Sure, Honduras fielded a team so poor, and so nasty even those Brits who participate in those shin-kicking competitions said, “those lads are out of control!”

But before Wilson Palacios was sent off after hacking away at Paul Pogba’s ankles, the French were struggling to find open spaces to fit the ball. Though everyone seemed very impressed with Karim Benzema’s performance, he still strikes me as a guy who too often makes the wrong decision with the ball at his foot inside the penalty box. And that’s not even counting his streakiness, which is well on its way to becoming the stuff of legends.

Others were also full of praise for Mathieu Valbuena’s performance on the right wing. Both he (right) and Antoine Griezmann (left) whipped in a few interesting crosses in the box, but neither one  is Frank Ribery with the ball on his foot, and the absence of Ribery and his ability to be a matchup problem for just about any defender will haunt them against better teams. Hell, they struggled to create at 11 v. 11 against what has to be the worst team of the tournament. I can’t call that impressive. Obviously, France will top this terrible group, and maybe even win a match in the knockout stage, but if they got past the quarters, I’d be very surprised.

3. Argentina should really stick with their second half formation

“Messi was quiet,” “Messi continues to struggle to replicate his Barcelona form with Argentina.” That’s what I kept hearing going into halftime of Argentina’s match against Bosnia-Herzegovina. However, manager Alejandro Sabella had a stroke of genius at halftime when he replaced the anonymous Maxi Rodriguez with Gonzalo Higuain, who lined up next to Sergio Agüero as a second striker with Messi roaming behind the two of them.

From that moment on, Messi had tons of room to work with as the Bosnian defence had to respect the threat of these two talented frontmen. The end result was that exquisite second Argentinian goal that Messi scored, much to everyone’s delight. I’m no soccer connaisseur, but if I’m Sabella, I’m sticking with that formation and challenging the opposition to deal with Messi AND the Agüero-Higuain tandem. That’ll make for a headache.

4. Is this the coming out party for a supremely talented Belgian team? 

I’m not sure what the starting lineup will be for Belgium, but here’s what the 4-3-3 I’d play would look like:

  • Goalkeeper: Thibault Courtois
  • defence (from right to left): Anthony Vanden Borre, Vincent Kompany, Jan Vertonghen, Thomas Vermaelen
  • Midfielders: Marouane Fellaini, Moussa Dembele and Axel Witsel
  • Forwards: Eden Hazard and Kevin De Bruyne (wingers) and Romelu Lukaku (striker)

WOW! This is some serious talent. If they were to meet France, the only thing that would give me pause about picking them is their lack of experience. Of these 11 starters, only half are older than 25, only two of those six (Fellaini and Dembelé) are not defenders, and all three frontmen are 23 or younger. Eight (!!!!) of these eleven players are either owned by, and/or play for, Premier League clubs, and that figure would have been nine had Chelsea not sold De Bruyne to Wolfsburg in the January transfer window. Add Thibault Courtois, age 22, the world’s most promising young keeper, and you have a team that’s absolutely loaded. Chemistry remains a question mark, with identity crises and linguistic tensions common in Belgium. But if they keep it together, they have the talent to create some serious sparks. And even if they should prove too young this time around, when I think of think of 2016…. my, my, my!!

Anyways, that’s it for now, Territory readers. We’ll do this again soon. Night, night.

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